jeudi 18 juin 2026


 

Transformation ! Un bien grand mot, mais il est utilisé dans certains milieux où l’on travaille à trouver en soi sa part d’essentiel, à accepter l’Inacceptable et à s’en éloigner.

Ici et maintenant en sont les maîtres-mots ; beaucoup de programmes de méditation vont l’énoncer, le faire « travailler » ... oui mais... cela va rester mentalisé. Et ne pas changer le fond du problème.

J’ai découvert petit à petit, au cours d’un parcours fait de synchronicités et de rencontres, que l’Essentiel, c’est à partir du CORPS qu'on l'approche. Incarnation. Au sens tout simple de retrouver le vrai contact au « corps que l’on est » et non au « corps que l’on a » (K.G. Durckheim).

C’est ce parcours que j’écris en parallèle à mes souvenirs. Pour m’apercevoir que c’est, avant tout, ce qui manquait...

 

 Car que faisais-je de mon corps lui-même, mon corps matière, mon incarnation première, ma chair vivante, ici et maintenant ? Mon souffle ? « Le reste, ça n’existe pas », parole de psy. Corps blessé, chair à vif qui s’ignorait, je ne vivais qu’à travers mes émotions, mes ressentis, ma souffrance, « les émotions, c’est physiologique ; ça crée le mental ». Mental insupportable, corps en ébullition. Accepter l’inacceptable.

     J’étais un corps de larmes.

L’Inacceptable, T.4, Les mots en corps (P.175)

 

     Août 2023, stage d’écriture. Voyage au pays de mon corps.

Mon corps. Tout un poème… Non, c'est trop court, un poème. Tout un langage. Corps meurtri, corps souffrant, à remercier pour ce que tu m'as montré, appris au fil du temps.

Corps physique, mal partout, mal au genou, ballottée entre le « je » et le « nous ». Mal au dos, en avoir plein le dos. Et puis la maladie, le mal à dire, un jour, pour enclencher le chemin à l'envers, s'arrêter, s'occuper de soi, remonter la pente. Essayer d'y voir clair.

Corps physique, malmené, tour à tour aimé et détesté. « Je suis petite, je suis grosse, j'ai des poils partout », oui mais les jambes ça va, les yeux verts c’est joli.

Corps fantasmé, trouvé sur le divan. La fille, c'est ma sœur, moi j'ai un secret, je suis un garçon, c'est mieux pour maman, et pour papa aussi. D'accord, je le sais maintenant, mais il faudra encore des décennies pour que ce terrible quiproquo arrive au cœur, que ces quelques mots : « je vous sens très féminine » crèvent enfin la bulle. De la guerrière, du masque, de l'illusion. Du fantasme sorti de nulle part.

Corps imaginaire, plaire aux autres, aux garçons, aux hommes, essayer l'élégance, le maquillage, les talons. Non, décidément, ça va pas. Pourtant les hommes aiment, défilent.

Corps-mère. Rassurant. Il n'y a eu que lui au moment du premier abandon, comme preuve d'une existence quelconque, que lui à qui, à quoi, me raccrocher.

Corps-mère. Un, deux, trois essais. Les embryons ne veulent pas se lover dans mon ventre. Même le premier bébé qui décide de rester fait d'abord mine d'évacuer les lieux. Hôpital. Hormones. Merci, ma fille, d'avoir élu domicile dans mes entrailles. Mais pas complètement femme, je n'ai pas pu te faire naître par voie basse, comme on dit. Hanches trop étroites, sacrum plan, mesures de bassin d'homme, on a ouvert plus haut pour venir te chercher, tu avais prévenu en ne te retournant pas. Ton frère, je n'aurai pas le courage de revivre en direct l'ouverture, les huit épaisseurs à recoudre, je demanderai une anesthésie générale. La septième, huitième, je ne sais plus. Sommeil de l'oubli. Depuis, votre père me dit parfois « tu poses les mains sur ton ventre ». Tout le temps. Temps de pause, de respiration, de recentrage.

Corps subtil. J'inspire, j'expire. Expérimentation du corps que je Suis, effaçant le corps que j'ai. Je suis en vie. Tu es en vie. Nous marchons ensemble, nous respirons ensemble. Pas toujours, mais de plus en plus souvent. Au fil du recollage des morceaux du puzzle. Des morceaux éclatés.

L’Inacceptable, T.4, Les mots en corps (P.104-105)

 

     Morceau d’écriture, stage « Des corps et des mots », août 2023.

Lâche. Lâche les crispations. Lâche les peurs. Lâche le mental. Évacue. Lâche. Oublie. Lâche les autres, dis non. Lâche la lâcheté, la fuite, le mensonge. Lâche les ombres. Lâche le passé, le futur, les souvenirs, les élucubrations. Lâche la bagarre, la guerrière, trouve ta voie. Oui mais lâche ton corps, lâche ton souffle, lâche tes larmes. Lâche tes rêves. Lâche-toi, lâche-moi. Prends ma main.

L’Inacceptable, T.4, Les mots en corps (P.201)

 

mardi 16 juin 2026

 


Reprise de ce blog laissé en friche depuis janvier du fait d'une période intense qui m'a pris toute mon énergie.

Passer de l'Inacceptable à l'Essentiel n'est pas de tout repos ! Cela s'appelle la Transformation !

Une année de changements et d’un drôle de chemin...


Aujourd’hui, je me contenterai, avant de partager à nouveau des pages de ce que je continue à écrire, de citer Karl Graf Dürckheim, diplomate, psychothérapeute et philosophe allemand :

« L’homme est tendu entre deux réalités. Sa réalité existentielle, où il se sent menacé par le chaos des évènements extérieurs ; et sa vraie nature, son être essentiel. »

« Quand allez-vous cesser de fuir l’essentiel ? »

  Transformation ! Un bien grand mot, mais il est utilisé dans certains milieux où l’on travaille à trouver en soi sa part d’essentiel, à ac...