jeudi 18 décembre 2025

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          Grenoble, 1953-1961

 

               Je naquis au milieu des montagnes, mes parents vivant alors dans un petit appartement, 16 Grand-Rue, à Grenoble. « J’ai gardé le souvenir d’un ensemble de 25 mètres carrés composé de deux pièces contiguës d’égale superficie à peu près, disposées en T, sombres au point que la lumière électrique s’imposait presque en permanence, dont les murs étaient parés d’énormes taches d’humidité, surtout dans celle à laquelle on accédait directement par la porte d’entrée, qui étant la seule au demeurant à posséder un conduit de cheminée et un réduit contenant un évier en guise de cuisine, se voyait propulsée au rang de salle de séjour. » Souvenirs paternels. Ils se partageaient le lieu avec les souris. Mon père bouchait leurs trous, et elles ressortaient aussi vite ailleurs. Et si j'emprunte à mon père ses descriptions savoureuses, je me souviens assez bien de ce lieu, ma grand-mère maternelle l’ayant ensuite occupé. « C’était (...) à peine un premier étage, plutôt un entresol ; il fallait pour y accéder traverser un étroit couloir donnant sur une petite cour entourée d’entrepôts et encombrée de poubelles ; au fond de cette cour, l’escalier conduisant aux étages ; après une dizaine de marches, sur la gauche, une porte de WC qui contrairement aux apparences n’appartenaient pas aux parties communes mais étaient à notre usage exclusif ; quelques marches plus haut on accédait à notre appartement. » Souvenirs paternels.                                 Je suis moi-même en mesure de ramener l’odeur de la cage d'escalier, que je retrouve dans tout vieil immeuble, odeur de moisi, de vieux. Mes parents préparèrent tant bien que mal ce logis en vue de mon arrivée. Manquant de moyens financiers, une corbeille à linge fut transformée en berceau, et mon père usa de ses futures capacités manuelles. « J’ai donc fait mes débuts de bricoleur en fabriquant une étagère dans l’alcôve dont notre chambre était heureusement pourvue, les planches et montants m’étant procurés par l’entremise de « parrain », comptable à ses heures chez Pomona (fruits et légumes) d’où il me rapporta aussi de belles caisses toutes neuves qui, une fois assemblées, poncées et tapissées allaient devenir le premier meuble de Bébé. » Souvenirs paternels.

(Première page)

 

 

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